TRIANGLES ROSES

Pour que cela ne se reproduise jamais, SOUVENONS-NOUS… TOUJOURS !!!

 

 

Ce dossier a été rédigé d’après un dossier paru dans le magazine WAG, N°5, MARS 2005,

édité par ATLANTIQUE MEDIA, BP 53, 44130 BLAIN.

 

Quand on parle de la situation des homosexuels sous le régime nazi, on ne parle pas de « solution finale » au sens où Hitler l’avait envisagée pour les Juifs. Les homosexuels ont pourtant été persécutés et beaucoup sont morts dans des camps. Dans les horreurs de la seconde guerre mondiale, la déportation homosexuelle est numériquement inférieure à d’autres, mais il est important de rappeler qu’en aucun cas, l’horreur ne peut être proportionnelle au nombre de zéros qui l’illustre.

 

PETIT RAPPEL HISTORIQUE : L’HOMOSEXUALITE EN ALLEMAGNE

 

En 1871, le code prussien est adopté, et notamment le « paragraphe 175 » qui punit de cinq ans d’emprisonnement les relations sexuelles entre hommes.

Dès 1891, est créé le comité humanitaire et scientifique, dont le but est la défense des homosexuels. Au même moment, de nombreuses voix hostiles à l’homosexualité se font cependant entendre.

Au début des années 1900, BERLIN comptait une quarantaine de bars homosexuels, et on y imprimait de nombreuses publications destinées à la communauté homo.

En 1903, une pétition de Magnus HIRSCHFELD, l’un des représentants du comité humanitaire et scientifique, recueille des milliers de signatures contre le « paragraphe 175 », et notamment celles d’hommes politiques ou encore d’Einstein. Malgré cela, le paragraphe reste appliqué et provoque l’arrestation de quelques centaines de personnes chaque année.

Dès 1928, les nazis déclarent ouvertement que « quiconque pratique et même pense à l’amour homosexuel est notre ennemi ». Beaucoup se réjouissent de cette position rassurante, notamment ceux attachés aux valeurs morales défendues par l’église. Mais pour les nazis, la condamnation de l’homosexualité trouve ses racines bien ailleurs que dans la religion. Pour être clair, selon eux, les homos nuisent à la reproduction de la race.

En 1933, Hitler accède au pouvoir. Dans son sillage, se met en place une politique anti-homosexuelle et il imagine un critère de qualité pour le peuple du 3ème Reich. Il accuse les Juifs et les Tziganes de pervertir cette notion, et les homosexuels d’être un obstacle à l’autre critère retenu, celui de quantité. Dans son schéma, les homos ne sont pas des reproducteurs, ils sont donc nuisibles car ils menacent la race aryenne d’extinction…

L’arrivée d’Hitler au pouvoir s’accompagne donc de nombreuses mesures à l’encontre des homos. L’interdiction des groupes, la fermeture des établissements, les arrestations sous couvert du paragraphe 175, se multiplient pour se compter par milliers en 1939.

 

La déportation homosexuelle va concerner les Allemands et les populations des territoires annexés (chez nous, l’Alsace). Hors de cette zone, elle n’implique que les cas de figure où les Allemands sont mis en cause. L’internement en camp de concentration est l’un des degrés ultime de la répression pour les homosexuels. L’optique est plus celle du contrôle social que de l’épuration… Pour ceux internés dans les camps, le sort est terrible. Assimilés à des prisonniers de droit commun, ils sont au bas de l’échelle hiérarchique des détenus. Leur signe distinctif, le triangle rose, pointe vers le bas pour les hommes, triangle noir pour les lesbiennes, classés avec les associaux. Humiliations, exactions, viols, expérimentations, les homos sont soumis au délire nazi de faire revenir ces derniers dans le droit chemin du bon reproducteur… Ainsi les homos sont-ils les victimes favorites des expérimentations médicales, injections d’hormones pour retourner l’orientation sexuelle, castration. Inutile de préciser que peu d’homos ont survécu à l’internement en camp de concentration…

 

Dans le même temps, les persécutions se multiplièrent sous différentes formes. Les tribunaux infligent des peines de prison poussant les homos aux limites de la société. Beaucoup sont obligés à la castration. Une grande campagne à lieu au sein de l’armée allemande, afin de débusquer les faits homosexuels, et d’éliminer définitivement les « coupables » par peine de mort ou par des envois vers des bataillons disciplinaires proches du régime concentrationnaire.

 

Environ 100.000 homosexuels ont été inquiétés sur cette période. 10000 à 15000 connurent les camps nazis. 60% d’entre eux n’en revinrent jamais. Il faut ajouter à ces chiffres tous ceux qui ont été éliminés en tant que malades mentaux, les victimes de la barbarie hors des camps lors des poursuites.

 

Le paragraphe 175 n’a disparu totalement qu’en 1988 en RDA, en 1994, après la réunification.

 

NOTE DE HOMOLOGAYS (ALEX)

 

La reconnaissance des triangles roses et noirs est aujourd’hui possible grâce au travail de nombreuses associations. Ce travail de mémoire est primordial si nous voulons éviter que cela se reproduise, chez nous ou ailleurs. Je vous rappelle que de nombreux gays et lesbiennes sont toujours inquiétés de nos jours. Prenons l’exemple des pays d’Amérique du Sud, de l’Afrique, des pays de confession musulmane, entre autres. L’organisation Amnesty International avait une commission spéciale Homosexualité et droits de l’homme. Cette commission a été suspendue… Il faut donc rester attentif à ce qui se passe dans le monde, qu’il s’agisse d’homosexualité ou de toute autre forme de répression. Suivez votre instinct. Si vous entendez quelque chose qui vous choque, alors parlez-en autour de vous, écrivez aux Ambassades ou représentations des pays concernés et clamez haut et fort votre indignation.

La mondialisation ne doit pas concerner uniquement l’économie et le commerce, nous sommes citoyens du monde avant même d’être Français.

 

De tout temps, des minorités ont toujours voulu soumettre des majorités. Si les majorités se soulèvent alors les minorités se tairont.

 

L’homme à la mémoire très courte. Soixante ans après des évènements qu’il condamne, il en arrive à refaire les mêmes erreurs…

 

POUR UNE INFORMATION PLUS PRECISE : www.triangles-roses.org