SIDA : Découverte de la séropositivité en baisse dans tous les groupes, sauf chez les gays.
 

A quelques heures de la journée mondiale contre le sida, une étude sur les connaissances, les attitudes et les croyances face au VIH montre un sérieux déficit d'information chez les 18-30 ans.


«Les résultats sont un peu inquiétants » juge Nathalie Beltzer, de l'Observatoire régional de santé- Ile de France (ORS).

L'étude KABP, soutenue par l'Agence nationale de recherches contre le sida (ANRS) et l'Institut national pour la prévention et l'éducation à la santé (INPES), disponible sur le site de l'ORS, révèle quelques surprises: parmi les 2 781 personnes interrogées, 26% des jeunes de 18-30 ans pensent encore que le virus du sida peut se transmettre par une piqure de moustique. «C'est la génération née entre 1980 et 1992, explique la chercheuse, celle qui a débuté sa vie sexuelle après l'apparition des trithérapies.»

 



Le nombre de gays qu’on découvre séropositifs est en augmentation sur la période 2003-2010 (figure ci-dessus) alors qu’il baisse dans les autres groupes.

L’âge moyen au diagnostic était de 36,5 ans en 2010, sans augmentation depuis 2003. Cette stabilité de l’âge moyen depuis 2003 recouvre cependant une augmentation de la part des jeunes de moins de 25 ans (de 7% à 14%), une diminution de celle des personnes de 25 à 49 ans (de 81% à 73%), tandis que celle des 50 ans et plus est restée stable autour de 12%.


Une stigmatisation affichée

Chez le groupe de franciliens interrogé, plus d'une personne sur deux refuserait d'avoir des rapports protégés avec un ou une séropositive. «L'enquête montre que plus on est jeune, plus on refuserait» constate Nathalie Beltzer.

Comment l'expliquer ? «Les connaissances et le rapport à la prévention sont bien meilleurs chez ceux qui connaissent une personne séropositive. En 2010, la maladie est moins visible, les personnes séropositives sont davantage insérées. En 1994, Magic Johnson, un célèbre basketteur avait évoqué publiquement son statut sérologique.»

 



Utiliser un préservatif, un acte banal

Si son utilisation est devenue banale pour les trois quarts des Franciliens, en nette évolution depuis 1994, l'efficacité du préservatif pour empêcher la transmission du virus est en revanche remise en cause. Depuis 1998, la proportion de Franciliens qui lui font confiance diminue, notamment chez les jeunes.



Les vieux clichés persistent

Les Franciliens sont encore 21% à croire que l'on peut attraper le VIH par une piqûre de moustique, 13% à penser que l'on court ce risque en utilisant des toilettes publiques et 6% que l'on peut être contaminé en buvant dans le verre d'une personne qui l'est. Et pour la première fois en 2010, ce sont les jeunes Franciliens, de 18 à 30 ans, qui sont les moins bien informés sur ce point.

 

 

 


Encore de nombreux irréductibles

Parmi ceux et celles qui ont eu de nouveaux partenaires dans l'année précédente, 16% des Francilien(ne)s déclarent ne pas avoir utilisé de préservatif. Un chiffre très variable selon les années (12% en 1998, 30% en 2001) qui s'explique en partie par la diffusion ou non de campagnes de prévention.

Seul point positif de cette étude : le recours au dépistage, qui est en progrès.

 

 

Les Franciliens font davantage le test

Ils sont 20% à avoir déclaré avoir effectué un test de dépistage au cours des douze derniers mois. Les hommes sont notamment passés de 11% à 20% entre 2004 et 2010, tous âges confondus. Une hausse est également remarquée chez les Franciliennes de plus de 45 ans, même si les moins de 30 ans restent les plus nombreuses à avoir effectué un test.


 

Publié le 29 /11/2011 - Source Gayvox.com